« Partout où j'ai dû me défendre, » répondit Noritaka simplement.
La foule était en ébullition. Des paris fusaient, des insultes, des encouragements. Dans cette atmosphère, Noritaka sentit quelque chose d'étrange — la présence d'un regard qui ne l'évaluait pas pour sa force mais pour ce qu'il avait choisi d'être. Un vieil homme, appuyé sur une canne, observait depuis l'ombre d'une boutique. Il tenait un carnet usé et souriait à peine, comme celui qui reconnaît un geste familier.
Noritaka posa une main sur l'épaule du garçon, non pour intimider, mais pour inviter. « Être roi, ce n'est pas chercher les coups. C'est savoir quand et pourquoi on les donne. »
Ryuji s'effondra, le souffle coupé, la fierté en lambeaux. Les murmures se transformèrent en acclamations étouffées. Noritaka ne s'enorgueillit pas ; il ramassa simplement sa veste tombée, la secoua d'un geste las, et regarda la foule. Son regard rencontra celui du vieil homme qui hocha la tête.
La cloche du marché de Tategami sonna l'heure du midi. Autour d'elle, la foule s'écartait comme si un cyclone invisible venait de passer : deux silhouettes se faisaient face au centre d'une place pavée, entourées par un cercle d'ados vociférants. L'air vibrait d'adrénaline.
Le vieil homme ferma son carnet et, avant de s'éloigner, dit d'une voix faible mais claire : « Il tient l'équilibre. C'est ça, la vraie maîtrise. »